Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 10

Le mini roman de ma vie

Changement radical

Après avoir obtenu mon BAC, j’ai fait un bref passage à la fac. J’en rêvais. Comme d’habitude, bercée par les séries américaines, avec le beau campus, l’herbe bien tondue et les petites fontaines. Là encore, grosse déception. Un cadre et un climat déprimant. Rien à voir avec la télévision. Si j’ai eu la chance de loger dans une résidence étudiante plutôt agréable, sur le campus, les hébergements étaient lugubres et sans âme.

Mauvais rapport qualité prix

Faire des études, c’est bien, à la condition que ce soit efficace. A la fac, j’ai vite compris qu’il faudrait suivre des études pendant au moins cinq ans (si on obtient tout du premier coup), et trouver un job d’appoint pour boucler les fins de mois, pour un résultat hypothétique. Le prix des livres, de l’hébergement, du transport … je me suis rendue compte que l’école n’était pas du tout un bon rapport qualité-prix.

Comme je te l’ai dis, j’ai étudié la vie dans les magazines, et j’ai découvert qu’il était possible de suivre une formation professionnelle, sponsorisée par les Assedics (France Travail aujourd’hui). Format court, efficacité prouvée, il ne m’en a pas fallu plus pour tout laisser tomber. Sept mois après la rentrée, ciao la fac. On change de méthode.

En mode warrior

Se lancer dans la vie très jeune, m’a appris bien vite les rouages du système. Je me suis heurtée de plein fouet à l’administration.

Dans un premier temps, avec des assistantes sociales qui te font croire que tu auras des aides alors que tu n’en auras pas. Dans un second temps, avec une administration rigide qui ne te renseigne pas, et qui te noie dans des dossiers à remplir (à la main, il n’y a pas internet).

La première fois que je me suis présentée à la mission locale, je n’avais droit à rien. Aucune formation gratuite, aucune possibilité de quoi que ce soit, sous prétexte que j’avais le BAC. Pas le droit aux allocations chômage, malgré six ans de travail en parallèle de mes études (il me manquait un mois pour valider mes droits). Je n’avais aucune information, aucun argument. En revanche, j’ai bien retenu les règles.

Je postule dans l’agence locale où je travaille, mais ma candidature est refusée parce que je n’ai pas le diplôme. Par chance, la nana qui obtient le poste quitte rapidement le navire. Pris de cours, on m’appelle pour la remplacer au pied levé. C’est mon coup de chance, ma porte de sortie.

De retour à la mission locale au bout de quelques mois, j’ai emmagasiné suffisamment de droits aux Assedics. Je suis particulièrement renseignée sur tout ce qui existe et ce à quoi j’ai droit. Je ne viens plus pour demander. Je viens pour exiger. Le concept n’est pas le même. Et gare à celui ou à celle qui me contredira ou se mettra en travers de ma route. J’obtiendrai la mutation d’une assistante sociale qui m’aura fait faire plus de deux cent kilomètres en stop pour ne pas se présenter au rendez-vous qu’elle m’avait imposé. Je serais désormais intraitable et intransigeante. J’ai 21 ans, le cœur en béton armé, le moral d’une combattante.


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