Les années radio Sans emploi à 30 ans, je suis contrainte de revoir toute ma stratégie pour retrouver un chemin qui me convienne. Fondatrice de mon association, je rencontre le Directeur d’une radio locale qui me propose un poste en contrat aidé. Employée comme Assistante de Direction, je serais amenée à toucher à tous les métiers de la radio. J’animerai des émissions en live ou en différé, je participerai à la programmation de l’antenne, j’assurerai la technique lors d’enregistrement d’émissions. Je garde d’excellents souvenirs de cette époque, même si ma situation financière était plus que limite. J’ai toujours adoré l’univers de la radio. Une forte implication dans l’associatif local Cette période de vie précaire aura duré presque dix ans. Mais dix ans pendant lesquels j’aurai une forte implication dans le domaine associatif. Si je commence avec mon association, je vais intégrer très vite le conseil d’administration de plusieurs structures locales : la Fédération des Foyers Ruraux, et l’association de cinéma itinérant Panoramic. C’est ainsi que je rencontrerai le fondateur du cinéma de ma commune et que je serais bénévole pendant 3 ans, à l’accueil du public et à la projection des films. Mon association, en partenariat avec Radyonne FM, conduira des projets artistiques et culturels pour promouvoir les artistes de la Région. Nous serons au coeur de l’actualité en animant des manifestations locales et en participant aux grands évènements, comme les élections de 2012. Fin de contrat Une fois de plus, le contrat aidé prend fin après deux ans de bons et loyaux services. Il faut à nouveau rebondir. Oui mais comment ? Les finances n’ont jamais été aussi basses. J’en ai marre. Marre de me battre contre des moulins à vent. Je consulte une annonce sur Pôle Emploi et je tombe sur un encart qui parle d’une formation au métier de l’assistanat de Direction. Ca dure 10 mois. Ca me tente. J’ai appris avec l’expérience que la formation professionnelle est très efficace. Je décide de renoncer à l’artistique et au culturel. Plus de journalisme, de vidéos ou de radio. Je suis décidée à rentrer dans le droit chemin, et de suivre une formation pour un métier plus conventionnel. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins – épisode 14
Retour à la case départ Bercée par des mythologies anciennes, et embauchée à 24 ans, je pensais que c’était pour la vie. S’il y a eu un temps où on faisait carrière dans une seule et même entreprise, pour notre génération, c’est déjà de l’histoire ancienne. A 30 ans, je suis contrainte de tout recommencer. Fin des subventions emploi-jeunes, différences de point de vue avec la Direction, me voilà en rupture conventionnelle. Une catastrophe pour moi qui aimait tant mon travail. Et une énorme chute financière. Carence des indemnités de chômage pendant des mois, pas de missions significatives en intérim, je perds tout en moins d’un an. Ca commence avec ma propriétaire qui veut récupérer son appartement, le travail avec la perte de mon poste, mon chien qui décède d’une sorte de cancer, la ruine financière, et la fin d’une belle histoire d’amour. 2006, retour à la case départ. 2007, à poils. Je repars à zéro. Artistik Productions Il n’y a pas pire dans la vie que d’avoir un CV à trous. Il est déjà difficile de s’en sortir, mais c’est encore plus compliqué s’il faut justifier de périodes d’inactivité. Autre point important : conserver mon réseau. J’ai de très bonnes relations avec des Présidents de Fédérations d’Associations que je ne veux pas perdre. La solution, je l’ai trouvé après mures réflexions : créer une association qui profitera aux artistes amateurs. Un clin d’œil à mon parrain qui était un peintre talentueux. Ainsi est née Artistik Productions. Pendant plusieurs années, j’aurai à cœur de défendre les artistes amateurs que j’ai rencontré sur mon chemin. Ecrivains, musiciens, créatrices de bijoux, inventeurs, peintres. Je ferai de mon mieux pour promouvoir leurs œuvres. Je mettrai en place des partenariats avec les associations HANDI’CAP SUR SCENE, BOUGE TON BOULE, la radio locale RADYONNE, pour organiser des festivals d’artistes amateurs, et des concerts. J’assurerai la promotion du groupe de rock STARTIN’BLOCKS, jusqu’à la conception de la maquette de leur premier album. Sortir de l’impasse Cette expérience me permettra de rencontrer des gens formidablement talentueux, et de m’ouvrir à d’autres horizons. A titre personnel, ça m’aidera à garder le moral et ne pas lâcher l’affaire, parce qu’à côté de ça, je continue de chercher un travail stable. Je suis en fin de droits aux allocations chômage, je touche le fond. Au hasard d’une rencontre dans un club d’entrepreneurs, on me propose un mi-temps en emploi aidé. Je sais que la paye ne dépassera pas les 600 euros, mais c’est toujours mieux que rien. Et puis surtout, c’est dans une radio locale. Un bon moyen de poursuivre mes activités artistiques et d’établir un partenariat solide avec l’association. Pendant deux ans ARTISTIK PRODUCTIONS et RADYONNE marcheront main dans la main. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 13
Trop de trop, tue le trop ! C’est au moment où je me lance réellement dans la vie active avec ce premier emploi et ce premier logement, que je me rends compte du poids des factures. Les premiers tests ne me conviennent pas. C’est trop le bordel, pour ne pas dire l’anarchie. Vivre au jour le jour, ça ne me convient pas du tout. Comme on se l’est dit, plus tard, avec ma belle soeur : « trop de trop, tue le trop ! ». Il était important de stopper l’hémorragie. Qui ne sait jamais demandé, à la caisse d’un super marché « Euh, au fait ! Est ce que l’assurance voiture a été réglé ce mois-ci ?« , « le téléphone, c’est bon ?« . L’angoisse de ne pas être sûre d’avoir l’argent nécessaire pour finir le mois. C’est comme une spirale qui revient chaque mois, où les factures s’enchainent, et où on finit par se dire que la paye ne fait qu’aller et venir. C’est à peine si on a le temps de la voir passer. Une situation très inconfortable qui empêche souvent de bien dormir la nuit. Avec la pratique et les déconvenues de la vie, j’ai cherché une solution pérenne pour ne plus à angoisser à ce sujet. Définir une stratégie Lorsque l’on ne roule pas sur l’or, il est important d’optimiser le moindre centime. La première chose à faire, c’est de réduire sans cesse le coût des factures. En étudiant plusieurs offres et en choisissant le meilleur rapport qualité prix, mais aussi en chassant les dépenses superflues. C’est la période où je commence à relever les compteurs, à étudier la consommation d’eau, d’électricité. A recompter les factures à la calculatrice. Chaque poste est passé au crible et je commence à me fabriquer mes outils de suivi. J’ai acheté mon premier ordinateur quelques années auparavant et je commence tout juste à savoir m’en servir. Pas d’internet à disposition, mais c’est déjà très bien. Grâce à mes outils d’analyse, j’arrive à une vision globale qui me permet de mettre en place une stratégie adaptée à mes besoins. Cette méthode ne me quittera plus jamais. Une philosophie de vie La vie m’a appris qu’en tant que femme, il est important de ne dépendre de personne. Avoir son salaire et sa voiture, c’est la base. La liberté n’a pas de prix. Même en couple, c’est toujours moi qui ait payé les factures, histoire de ne pas m’habituer à un certain confort. Ma méthode m’a permis de mieux appréhender le quotidien et de réduire le stress lié aux factures. Je contrôle et je maîtrise tout. C’est peut-être aussi pour cela qu’aujourd’hui, on me dit que j’ai un peu de mal avec le « lâcher prise ». Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 12
La fibre sociale Lorsque j’arrive à la Ligue de l’Enseignement, à 24 ans, je découvre qu’on peut travailler dans une association au titre de salarié, alors que je pensais qu’on ne pouvait être que bénévole. Dès le départ, je me sens accueillie chaleureusement. Je ne connais rien au travail, mais je suis super motivée. J’ai un responsable extraordinaire qui me fera partager sa passion pour le cinéma, et pour le traitement de l’image en particulier. Parce que je galère depuis pas mal de temps lorsque j’obtiens le poste, j’ai une empathie particulière pour ceux qui sont fragilisés par le système. Depuis plusieurs années déjà, j’aide mes ami(e)s qui rencontrent des difficultés à remplir leur dossier de Caisse d’Allocations Familiales ou de Sécurité Sociale, faire leur déclaration d’impôts, ou des réclamations auprès des services administratifs (à la main encore à cette époque là, bien qu’internet est désormais accessible, mais que à mon travail). Travailler dans une fédération associative correspond bien à mes valeurs. Je me sens tout de suite à ma place. Aider son prochain Ma mission principale au sein de la structure sera d’animer des ateliers audiovisuels auprès d’un public divers et varié. J’interviendrai beaucoup auprès des enfants, dans les classes ou en centre de loisirs. J’animerai des ateliers auprès de personnes retraités, de personnes en réinsertion sociale, de mineurs incarcérés. Je réaliserai aussi de nombreux films institutionnels pour le Conseil Départemental et le Conseil Régional. J’interviendrai auprès des enseignants pour les initier à la lecture d’images dans le cadre des opérations « Collèges et Ecoles au Cinéma ». Je participerai à de nombreux forums organisés par la Fédération. C’est là que j’entendrai parler pour la première fois d’éducation à l’environnement et de commerce équitable. Ce premier pas dans le monde associatif marquera pour de longues années mon engagement auprès de la Ligue de l’Enseignement. Plus tard, je siègerai plusieurs années au Conseil d’Administration de la Fédération des Foyers Ruraux, et du circuit de cinéma itinérant Panoramic. Plus récemment, je me suis engagée auprès du cinéma de ma commune, où je suis en charge de l’accueil du public, de la tenue de la caisse et de la projection des films. Lutter contre la facture sociale Ce premier engagement professionnel renforcera ma volonté d’aider les personnes en difficultés. Ma connaissance des rouages de l’administration servira à bon nombre de personnes. On dira parfois de moi que je suis plus efficace qu’une assistante sociale (ce qui me flatte, aux vues des combats que j’ai eu à mener avec elles). Avec les années, et l’essor de l’informatique, les soucis sont devenus différents. L’accession à internet a entrainé des changements profonds dans la façon de gérer l’administratif. Ceux qui ont su prendre le train en marche s’en sorte à peu près. Les autres ont été exclus du système. J’ai toujours eu à cœur de réparer ces injustices. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 11
Enfoncer les portes Quand j’ai dis que j’allai poursuivre mon chemin dans l’audiovisuel, tout le monde a rigolé, à commencer par ma conseillère de la mission locale. « Aucun débouché » m’a t-elle dit. Sauf que je ne venais pas pour lui demander son avis. J’avais le droit de faire une formation, je l’avais choisie. Je voulais faire un BTS en Audiovisuel. Sauf que mon BAC Littéraire ne me servait à rien. Il me fallait aller dans le scientifique. Du coup, passage obligé par une Préparatoire pour apprendre les mathématiques. Aie ! J’ai eu mon premier zéro en CM2, et il ne m’a jamais quitté. Qu’à cela ne tienne, je ferai cette Préparatoire, qu’elle trouve ça pertinent ou non. Ce sera l’audiovisuel ou rien A ses premières objections, je dégaine les articles de presse qui mentionnent que dans le cadre de mes droits aux allocations chômage, je peux prétendre à une formation professionnelle, et même que je peux obtenir des frais de déplacement pour m’y rendre. Arguments qu’elle est obligée de valider. De toute façon, je ne suis pas venue pour négocier. Je veux qu’elle remplisse son dossier sans me faire part de ses commentaires. Je ne supporte pas les gens défaitistes qui partent toujours perdant. Quand on veut quelque chose, on s’en donne les moyens. Et me voilà partie à l’AFPA, en Préparatoire Sectorielle à la Formation de Technicien, section Industrie. Dix mois de mathématiques, huit heures par jour pour remonter du niveau 6ème au niveau BTS. Toute une aventure … Au terme de cette formation, je remuerai ciel et terre, à la recherche d’une entreprise pour faire un BTS en alternance. Le hasard me mettra sur la route d’un jeune homme qui a monté une association dans la réalisation et le montage audiovisuel. Il me formera et nous tournerons ensemble un documentaire institutionnel. Il me recommandera ensuite auprès de la Ligue de l’Enseignement qui recherche un emploi jeune pour trois ans. Tant pis pour le BTS. Emploi jeune, c’est mieux rémunéré. Un an après ma sortie de formation, je suis embauchée au titre d’animatrice socio-culturelle spécialisée dans l’audiovisuel. Et avec l’argent, ça se passe comment ? Parce que mon ex a volé de l’argent sur mon compte, je me fais couler par la banque en un temps record, à coup de timbres fiscaux et de pénalités de retard. La somme avoisine les 2 000 francs (environ 300 euros de notre époque) quand je reçois leur joli papier rose. J’en prends pour dix ans. Imagine toi, à cet âge là, c’est une éternité ! Je rentre en guerre avec la banque en question. Premier réflexe, ouvrir un compte dans une autre banque et y placer la paye que j’obtiens dans l’agence locale du journal qui m’emploie depuis mes 16 ans. Protéger l’argent, c’est ma priorité. Dépenser uniquement pour le nécessaire et toujours placer un petit quelque chose de côté. C’est la base. J’apprends la vie, sans carte ni chéquier. Avec le recul, je dirai que c’est pas plus mal. Tu comprends mieux la valeur de l’argent. Au départ, c’est compliqué. Il faut retirer l’argent en liquide à la banque, payer ses factures en mandat cash à La Poste. C’est pas tout ce qu’il y a de plus pratique. Heureusement pour moi, à la mise en place des premières cartes de retrait, mon banquier m’en proposera une. D’autant plus, qu’elle peut aussi payer dans certains magasins (c’est pas encore trop à la mode à ce moment là). Comme je suis en formation dans une grande ville (y a pas encore de distributeur de cette banque dans la commune), je pourrai m’en servir et mon banquier pense que ça me simplifiera la vie. Clairement ! Avec la compréhension d’une société de crédit à la consommation (peu regardante à cette époque), je pourrai me payer des meubles, et ma première voiture. On est en 2000, j’ai 24 ans et la roue tourne enfin. Je rencontre un garçon formidable et je commence mon premier véritable emploi dans l’audiovisuel. Je vis ma meilleure vie. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 10
Changement radical Après avoir obtenu mon BAC, j’ai fait un bref passage à la fac. J’en rêvais. Comme d’habitude, bercée par les séries américaines, avec le beau campus, l’herbe bien tondue et les petites fontaines. Là encore, grosse déception. Un cadre et un climat déprimant. Rien à voir avec la télévision. Si j’ai eu la chance de loger dans une résidence étudiante plutôt agréable, sur le campus, les hébergements étaient lugubres et sans âme. Mauvais rapport qualité prix Faire des études, c’est bien, à la condition que ce soit efficace. A la fac, j’ai vite compris qu’il faudrait suivre des études pendant au moins cinq ans (si on obtient tout du premier coup), et trouver un job d’appoint pour boucler les fins de mois, pour un résultat hypothétique. Le prix des livres, de l’hébergement, du transport … je me suis rendue compte que l’école n’était pas du tout un bon rapport qualité-prix. Comme je te l’ai dis, j’ai étudié la vie dans les magazines, et j’ai découvert qu’il était possible de suivre une formation professionnelle, sponsorisée par les Assedics (France Travail aujourd’hui). Format court, efficacité prouvée, il ne m’en a pas fallu plus pour tout laisser tomber. Sept mois après la rentrée, ciao la fac. On change de méthode. En mode warrior Se lancer dans la vie très jeune, m’a appris bien vite les rouages du système. Je me suis heurtée de plein fouet à l’administration. Dans un premier temps, avec des assistantes sociales qui te font croire que tu auras des aides alors que tu n’en auras pas. Dans un second temps, avec une administration rigide qui ne te renseigne pas, et qui te noie dans des dossiers à remplir (à la main, il n’y a pas internet). La première fois que je me suis présentée à la mission locale, je n’avais droit à rien. Aucune formation gratuite, aucune possibilité de quoi que ce soit, sous prétexte que j’avais le BAC. Pas le droit aux allocations chômage, malgré six ans de travail en parallèle de mes études (il me manquait un mois pour valider mes droits). Je n’avais aucune information, aucun argument. En revanche, j’ai bien retenu les règles. Je postule dans l’agence locale où je travaille, mais ma candidature est refusée parce que je n’ai pas le diplôme. Par chance, la nana qui obtient le poste quitte rapidement le navire. Pris de cours, on m’appelle pour la remplacer au pied levé. C’est mon coup de chance, ma porte de sortie. De retour à la mission locale au bout de quelques mois, j’ai emmagasiné suffisamment de droits aux Assedics. Je suis particulièrement renseignée sur tout ce qui existe et ce à quoi j’ai droit. Je ne viens plus pour demander. Je viens pour exiger. Le concept n’est pas le même. Et gare à celui ou à celle qui me contredira ou se mettra en travers de ma route. J’obtiendrai la mutation d’une assistante sociale qui m’aura fait faire plus de deux cent kilomètres en stop pour ne pas se présenter au rendez-vous qu’elle m’avait imposé. Je serais désormais intraitable et intransigeante. J’ai 21 ans, le cœur en béton armé, le moral d’une combattante. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 9
Voir le côté positif Comme toutes les petites filles à l’époque, j’ai été bercée par les contes de fées. Tout un univers féérique qui nous a fait rêver. Le beau prince charmant qui vient délivrer la belle princesse. « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Inconsciemment, nous avons idéalisé la vie. Le couple qui dure toujours, l’amour éternel. Un travail pour la vie. J’avais un schéma de pensée très simple. De 18 à 25 ans, tu suis tes études et tu rencontres l’homme de ta vie. De 25 à 30 ans, tu trouves ton travail, tu achètes ta maison et tu fondes une famille. A 30 ans, tout est opérationnel et tu passes en mode perfectionnement : tu évolues dans ta carrière, et tu épargnes pour l’avenir afin de profiter d’une retraite à 60 ans, confortable bien méritée. Du rêve à la réalité Malheureusement, dans la réalité, les choses ne se sont pas passées ainsi. Cet amour inconditionnel qui me fera quitter mes parents à 18 ans, ne me portera pas bonheur. Le beau prince charmant s’est avéré être un vilain crapaud. Cette histoire se terminera, au bout de quelques années, aussi brutalement qu’elle a commencé, laissant un vide abyssal et une petite ardoise qui me coûtera dix ans d’interdit bancaire. Rassures-toi, je serais graciée par le Président CHIRAC pour « gestion exemplaire », cinq ans plus tard. Voilà comment tout a commencé. J’ai développé mes compétences en gestion administrative et financière, directement sur le terrain. J’ai appris la vraie vie à la librairie, avec des magazines comme REBONDIR pour le travail et la formation professionnelle, ou 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS pour la vie courante. Bein oui, il n’y avait pas internet à cette époque (ni de téléphone portable d’ailleurs). Prise de conscience C’est aussi le moment où tu comprends que l’eau chaude n’arrive pas naturellement au robinet, et que la fée électricité ne vit pas cachée au cœur de l’ampoule. Parce que oui, c’est clair, la liberté coûte cher. Comme dans toutes les situations difficiles, il est important d’en tirer des leçons. Et de cette expérience, que je ne regrette pas d’avoir vécue, naîtra un esprit de combattant qui ne me quittera jamais. La mission est désormais de tracer sa route. J’ai décidé de travailler dans l’audiovisuel, et je vais tout mettre en place pour obtenir ce que je veux. Mais ça, je te le raconte la semaine prochaine. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 8
L’adolescence, une vision idyllique L’adolescence, c’est une époque formidable. On commence à goûter à la liberté et à l’indépendance. Les premières bandes de copains, les premiers bals, les premiers concerts en plein air. On n’a qu’une hâte, c’est d’être le vendredi soir pour tous se retrouver, et partir en virer. Que de souvenirs mémorables. L’époque n’était pas anxiogène et les parents laissaient volontiers les enfants sortir sans trop de contraintes. Un temps où n’avions pas peur, et où nous pouvions profiter pleinement de notre jeunesse. Les copains, c’est la famille Dans ces années folles, on se retrouve tous au café du coin. Le quartier général où on joue au baby foot, au billard, aux jeux d’arcade. Où, dès qu’on franchit la porte, les notes de musique nous entrainent dans un univers d’effervescence et de convivialité. Les potes, c’est la famille. Et des potes, j’en ai dans tous les villages. Avec eux, je vais faire mes premiers pas dans ce monde inconnu, et vivre des expériences inoubliables. Cette époque, c’est aussi le temps des amours et des bébés ! Les premiers flirts, où on se tient par la main et on s’échange un premier baiser. Puis l’amour avec un grand A, comme toutes les filles en rêvent à 15 ans. De ces amourettes plus ou moins sérieuses naîtront des bébés. Mes copines auront leur premier enfant très jeune. Je serais d’ailleurs marraine, à 18 ans, d’une très jolie petite fille, qui porte le prénom de l’héroïne d’une série dont nous étions fans. Premières désillusions L’adolescence, c’est aussi le temps des mensonges et de la trahison. C’est la meilleure copine qui est trop « ta sœur », et qui se récupère ton petit ami dès que tu as le dos tourné. C’est les potins, les rumeurs et la jalousie. Des faits qui tranchent avec ma vision « bisounours » de la vie à ce moment là, où on croit que l’amitié c’est pour la vie, qu’une parole est une parole, et que les liens qui nous unissent sont indestructibles. L’adolescence sera aussi, pour moi, la rencontre avec la mort. Beaucoup ne rentreront pas de boîtes de nuit ou de soirées trop arrosées. D’autres périront noyés. C’est là que tu commences à fréquenter les cimetières, que tu te rends compte que la vie peut s’arrêter du jour au lendemain, quel que soit ton âge. Une rencontre qui va tout changer A l’occasion d’une soirée en boîte, je fais la connaissance d’un garçon sympa. De prime abord, je n’y fais pas attention. Je suis avec mes amis et il ne fait pas partie du cercle. Puis, chaque week-end, on va se croiser souvent. Il va se décréter « mon frère de boite de nuit », parce que je suis jeune et que j’ai besoin d’être « protégée ». Une sorte de garde du corps qui sera toujours là. J’ai 15 ans, il en a 19. Petit à petit, on va devenir amis. Je suis une oreille attentive quand il se fait larguer par sa petite amie du moment. Il est là pour moi quand le moral n’est pas au beau fixe. Des liens forts finissent par nous unir sans que nous nous en rendions vraiment compte. Chacun de nous fait sa vie, mais en cas de coup dur, nous sommes là, l’un pour l’autre. Sans savoir pourquoi, un jour pas fait comme un autre, nos regards ont changé. De l’amitié est né un profond attachement qui va secouer nos existences. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Lire l’épisode suivant Lire l’article précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 7
Mon expérience journalistique Entrer à l’Yonne Républicaine a été une bénédiction. Au contraire de mes ami(e)s, je n’ai jamais eu à chercher un job d’été chaque année. De 1992 à 1997, je me suis investie pleinement dans mes activités d’accueil et de commerciale à l’agence, et de pigiste sur le terrain. Être source de propositions Fraichement débarquée dans un village de campagne, la jeune journaliste cherche des pigistes qui connaissent bien le terrain. J’ai 17 ans, je suis très au fait de tout ce qui se passe. Si je suis envoyée dans des assemblées générales, des tournois sportifs ou des évènements culturels, j’ai aussi le droit d’être source de propositions. Et des propositions, j’en ai plein. Je vais couvrir tous les concerts et festivals qui se dérouleront autour de ma commune. Je mettrai aussi à l’honneur des gens inconnus qui méritent de l’être. Je serais à l’affut du moindre fait divers. En cinq ans, j’écrirai plus d’une centaine d’articles. Des rencontres inoubliables 1994, un ami me présente un gars sympa, Pierre, assez original. Musicien qui a beaucoup bourlingué, animateur pour la radio locale, il a travaillé, entre autres, avec Tonton David. Très intéressant comme profil pour un article de presse. Le rendez-vous est pris, et je le rencontre un après-midi, chez lui, où il prendra le temps de me raconter son parcours. L’article fera une demi-page dans le journal. 1997, Pierre est devenu PIERPOLJAK. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir à la télé ! J’aurai l’occasion de l’interviewer à nouveau, lors de son concert à Clamecy. Un autre article qui me tient beaucoup à cœur, c’est l’histoire de mon ami Bebert, avec qui j’étais très proche. Peintre et musicien, il ne se sent pas vraiment comme tout le monde. À 30 ans, il se tourne vers le graphisme et obtient une maîtrise internationale. Il enchaine les stages, dont plusieurs à l’étranger, qui le conduiront à présenter trois films en images de synthèse au Festival Imagina de Monté Carlo, pour lesquels il obtiendra des récompenses. Bien plus tard, il m’annoncera être directeur des effets spéciaux sur le film AVATAR. Un premier pas décisif pour la suite Ces années d’expérience ont été formidables et m’ont permis de comprendre que le monde de l’audiovisuel est accessible. Presse, radio, télé …, j’ai franchi le premier pas. Passionnée par l’image depuis mon plus jeune âge, je décide, après le BAC, de poursuivre ma carrière dans cette direction. Côté professionnel, tout est parti sur de bonnes bases. Par contre, côté personnel, c’est une période plus compliquée. L’adolescence, c’est toute une histoire. Surtout pour les filles. Mais ça, je te raconte la semaine prochaine. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent
Mini roman – A la croisée des chemins, épisode 6
Premiers pas dans la vie active Nous sommes en 1991. J’ai quinze ans. L’âge de la découverte et de la liberté. Ma première boite de maquillage offerte par ma mère, les premiers bals avec les copains, les premières sorties en boites de nuit, les premiers concerts en plein air. Quelle belle époque : nous sommes libres d’aller et venir, sans crainte de faire de mauvaises rencontres. Ce n’est pas une époque anxiogène. Les copains, c’est la famille, tous unis et soudés. Le café du coin, notre QG, avec son jukebox et son baby-foot. Nous vivons notre meilleure vie. L’insouciance d’une vie sans contraintes. Trouver un job d’été 1992. Un soir, en rentrant à la maison, ma mère me dit qu’il serait bien que je trouve un petit job d’été, afin de pouvoir continuer à sortir sans restriction, lorsque mon frère serait en âge de sortir à son tour. Je comprends alors l’importance d’un budget. Donner de l’argent de poche pour un enfant, ça peut passer. Pour deux, ça peut être plus compliqué. Sans réfléchir, dès le lendemain, je me suis collée sur le bottin (ah oui, à cette époque, pas d’internet. On trouvait les adresses et les numéros de téléphone dans le bottin). Du coup, me voilà partie à envoyer un courrier à chaque entreprise de ma commune (non, il n’y avait pas de mails non plus : lettre écrite à la main et timbre, c’était la seule option). À l’instar de mes copines, je pensais me retrouver caissière au magasin d’alimentation du centre-ville ou au supermarché. Je n’ai pas eu à attendre longtemps les retours de mes courriers. Personne n’a répondu. Personne, sauf le journal local qui me propose un entretien un peu avant les vacances de la Toussaint. C’est inespéré. Une chance inouïe Novembre 1992, j’intègre l’Yonne Républicaine, journal local de ma commune. Ma rencontre avec l’employée en place se passe bien. Dans un premier temps, je suis embauchée au titre d’hôtesse commerciale à mi-temps. Je serai en charge de m’occuper de l’agence locale, de recevoir les clients, vendre des espaces publicitaires et des avis de décès, tenir la caisse et la déposer en fin de semaine à la banque. Mieux encore, il ne s’agit pas d’un job ponctuel. Je suis prise pour toutes les vacances scolaires. Et ça, c’est un vrai plus qui me permettra de valider un trimestre de retraite par an pendant toute ma scolarité, de payer mon permis de conduire et mon voyage en Angleterre. Ainsi commence ma première expérience professionnelle. À chaque vacance, je travaillerai le matin, et je profiterai de mes amis l’après-midi. Ce n’est qu’environ un an plus tard que je vais trouver un tout autre intérêt à travailler, avec l’arrivée d’une journaliste fraichement diplômée, mutée dans sa première agence. Nous avons un concurrent sur la place : Le Journal du Centre. Un autre journal local qui nous fait de l’ombre. Elle cherche des correspondants pour alimenter la rubrique locale. Je suis la première recrutée pour le poste. Je m’achète mon premier appareil photo et me voilà partie à rédiger mes premiers articles. Actualités culturelles, sportives, assemblées générales, spectacles, concerts, faits divers, je suis sur tous les fronts. J’adore ça. Du coup, ça devient une activité quotidienne, et une petite ressource financière complémentaire quand ce ne sont pas les vacances scolaires. J’aurai l’occasion de faire des rencontres extraordinaires, mais je ne peux pas tout te raconter aujourd’hui. Alors, je te donne rendez-vous la semaine prochaine, même jour, même heure. Lire l’épisode suivant Lire l’épisode précédent